Le côté méconnu du féminicide
Tu vas lire poème et un article de presse qui traitent le thème du féminicide au Québec (Canada), dans le contexte des populations autochtones (c’est-à-dire les premiers peuples du territoire, présents avant l’arrivée des Européens, qui ont leurs propres langues et cultures).
Ces deux textes veulent rendre visible la réalité des femmes autochtones et critiquer le manque d’action de la part de la société. En effet, ces femmes ont seize fois plus de risques d’être assassinées que les femmes blanches. Souvent, leurs corps ne sont pas retrouvés et elles sont signalées comme disparues par leur famille. Malgré cela, peu de mesures sont prises pour les retrouver.
Le texte 1 est issu de Poésie en Marche Pour Sindy (2018), écrit par l’auteure autochtone Virginia Pésémapéo Bordeleau. Ce livre est inspiré par la disparition de Sindy Ruperthouse en 2014. Après avoir été hospitalisée à la suite de graves violences physiques, très probablement infligées par son partenaire, Sindy a disparu sans laisser de traces. Bien que la police ait été informée, elle n’a pas été retrouvée. À travers ce texte, Virginia Pésémapéo Bordeleau veut ouvrir le débat sur le féminicide, rendre hommage aux femmes disparues et préserver leur mémoire.
Le texte 2 est un article de Radio-Canada qui parle d’une lettre ouverte écrite par Brianna Jonnie, une jeune autochtone de quatorze ans, à la police de Winnipeg. Dans cette lettre, elle exprime sa peur de disparaître et elle critique l’indifférence des autorités face aux nombreuses femmes et filles autochtones disparues et assassinées.
- Plus d’informations contextuelles, tu peux regarder cette vidéo de TV5Monde.
Texte 1
Dis-nous ton secret
Dis-nous ta vérité
Par le bruissement des feuilles
Par le clapotis des vagues
Dans le soupir des vents
Femmes rouges
Nous sommes la parole qui monte du creux des reins
Du ventre là où nous portons l’humanité
Nous sommes les voix pour crier ton nom
Sindy
Il ne sera jamais trop tard
Femme sacrifiée
Pour que tu nous apparaisses
Au-dessus des paysages
Debout toi seule
Dans les brumes de la bêtise humaine
Toi notre Mère la terre
Nourrie par les chagrins
Des mères et des pères
Dont les filles dévorées par le silence
Cherchent la lumière
Pourtant elles étaient un terreau fertile à la vie
Dis-nous pourquoi avons-nous si peur
Sindy tu gardes encore tes distances
Mais nous aspirons à ta présence
Les cérémonies t’attendent
La Voie des ancêtres t’espère
Les tambours résonnent
À la portée de ton esprit
Source : Virginia Pésémapéo Bordeleau, Poésie en marche pour Sindy, Éditions du Quartz, 2018.
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Texte 2
« Vous pouvez mieux faire », lance une jeune fille autochtone de Winnipeg, dans une lettre adressée au chef de police Devon Clunis. Dans le document, Brianna Jonnie, 14 ans, écrit avoir constaté que les cas de personnes disparues non autochtones sont traités différemment des cas de disparition de femmes ou filles autochtones.
Cette lettre a également été envoyée à des représentants du gouvernement et des médias locaux. Elle estime aussi que les temps de réaction de la police sont parfois plus rapides lorsqu’il s’agit d’une personne non autochtone.
La jeune fille s’identifie comme autochtone dans sa lettre. Elle précise toutefois qu’elle ne correspond pas au stéréotype présenté dans les médias de masse. « Je ne suis pas impliquée dans des problèmes de drogues, d’alcool, de prostitution, ou toute autre activité illégale, indique-t-elle. Je ne suis pas une fugueuse, je ne suis pas sous la garde des Services à la famille et à l’enfant.
Dans l’éventualité de sa propre disparition, elle donne des instructions au service de police : « Donnez des détails qui m’humanisent – pas seulement la couleur de mes cheveux, ma taille, et mon origine ethnique », écrit-elle. « Si je disparais, ajoute-t-elle, et si le service de police n’a toujours pas changé de comportement : je vous en prie, ne me traitez pas comme une personne autochtone, même si je suis fière de mes origines. »
Le porte-parole du Service de police de Winnipeg, Jason Michalyshen, reconnaît que la lettre de Brianna Jonnie soulève certaines questions. « C’est incroyablement bien écrit. Une lettre très convaincante de la part d’une jeune fille de 14 ans », note-t-il. Il croit qu’un travail d’éducation et de sensibilisation au travail des policiers est nécessaire, pour expliquer au public le déroulement des enquêtes et comment se fait la sélection des cas qui font l’objet de conférences et de communiqués de presse.
Source : « Personnes disparues à Winnipeg : une jeune Autochtone dénonce un traitement différentiel » [extraits], Radio-Canada, 7 mars 2016.
D’abord, il faut connaître quelques mots pour mieux comprendre les textes. Suivez les trois étapes suivantes pour découvrir la signification de quelques mots et petites phrases.
- Cherche d’abord les mots que tu connais déjà. Traduis-les.
- Devine les autres mots. Peut-être que tu peux le faire à l’aide de l’anglais ou d’une autre langue que tu connais.
- Utilise deepl.com ou un dictionnaire pour traduire les mots qui restent.
Texte 1
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Texte 2
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